La construction
de démarches de prévention TMS et RPS


Si le travail s'est transformé depuis une trentaine d'années, la nature des risques professionnels qui y sont liés aussi.


C'est le cas en particulier des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS), et des Risques PSychoSociaux (RPS) comme en témoigne leur part dans l'absentéisme de toute structure, privée ou publique, de toute taille, ainsi que leur progression continue depuis quelques années, impactant tant la santé et la vie des salariés que le fonctionnement des organisations du travail.

Les méthodes "traditionnelles" de prévention ne semblent pas efficaces à en juger par les résultats obtenus.

Ainsi, le traditionnel "gestes et posture et son dos droit" ne sont d'aucune efficacité en matière de réduction des TMS.
Pas plus que les formations « gestion du stress », les cellules d'appui aux travailleurs en difficulté ou les masseurs (et masseuses) sur le lieu de travail en matière de prévention des risques psychosociaux.

Il nous faut donc faire évoluer notre façon de construire la prévention. Il est peut être même temps de passer de la prévention des risques professionnels à une construction plus globale de la santé au travail, incluant la prise en compte de ces risques.

La définition même de la santé évolue, passant d'une approche hygiéniste et statique dans les années 50 à une approche plus globale et plus dynamique aujourd'hui.

Selon l'Anact « La santé est une dynamique de construction du bien-être physique, psychique et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.
Elle se joue lors de la conception du travail et de son organisation. La mise en place d’environnements favorables dans l’entreprise contribue positivement à cette dynamique utile à sa performance. »

Selon Georges Canguilhem, philosophe et médecin, « Je me porte bien lorsque je porte la responsabilité de mes actes, lorsque je peux porter des choses à l’existence, et lorsque je peux créer entre les choses des liens qui ne leur viendraient pas sans moi. »

Pourquoi la plupart des méthodes actuelles, dites de prévention des RPS, ne « fonctionnent pas » (selon nous):
  • Elles ne visent pas à agir sur le travail mais juste sur les risques psychosociaux
  • Elles ne visent pas à agir sur les situations de travail mais juste sur les personnes.
  • Elles ne visent à limiter que les conséquences pas les causes.
  • Elles ajoutent un système de gestion alors que les logiques gestionnaires sont déjà en grande partie responsables des RPS et qu'il convient au contraire de "refaire de la place" au travail, pas à sa gestion.
Ce sont des démarches curatives. Elles ne sont donc pas construites pour prévenir quoi que ce soit.

Chez Preventicom, nous croyons, que « La santé des salariés est d’abord l’affaire des encadrants, elle ne s’externalise pas : les cadres de proximité sont les premiers acteurs de santé. »
comme l'énonçait déjà clairement le rapport Lachman en 2008.

Ainsi, selon nous, la prévention des TMS, des RPS ou la construction de la santé au travail doivent se construire dans l'organisation du travail dans les directions et dans les équipes, dans la répartition du travail dans les équipes, dans la restauration de la capacité d'action des encadrants et des managers, dans la reconnaissance de la compétence des travailleurs, dans la discussion sur la qualité du travail attendu et sur les moyens nécessaires à sa production, dans la construction de parcours professionnels sur la durée d'une vie... bref dans le travail davantage « sur » le risque lui-même.